24 Heures, décembre 2021 Et si vous soigniez vos maux sur un air de tango?

Dernière mise à jour : 4 déc. 2021


La Tango-Thérapie permet de diminuer les symptômes des AVC et de maladies telles que Parkinson, Alzheimer, la dépression ou le diabète.


Du bien-être, un meilleur équilibre, une tonicité accrue des muscles, une coordination et une concentration retrouvées ou encore une meilleure estime de soi: la liste des bienfaits engendrés par la tango-thérapie est multiple. Depuis 2020, cette méthode complémentaire à la médecine traditionnelle a même son association en Suisse (ASTT). Tout droit venue d’Argentine, elle offre aux personnes atteintes dans leur santé la possibilité de regonfler leur corps et leur esprit. Elle permettrait de diminuer les symptômes de la maladie de Parkinson, de troubles liés à un AVC (accident vasculaire cérébral), à une opération consécutive à un cancer. Les danseurs atteints de la sclérose en plaques, de diabète, de surpoids, de dépression observent également des progrès. Les personnes du troisième âge peuvent renforcer leur équilibre et les grands introvertis vaincre leur timidité.


Jacques Mauël fait partie des nouveaux adeptes de la tango-thérapie. En août, la Faculté lui diagnostiquait la maladie de Parkinson. Après être tombé sur une annonce sur internet, ce professeur de biochimie à la retraite a franchi le pas. «L’idée dans le cadre de Parkinson est de renforcer l’équilibre, témoigne ce Lausannois de 84 ans. Après plusieurs séances, je me sens très bien. Je trouve cela très sympathique. On rigole beaucoup, c’est très agréable et je vais poursuivre la démarche.»


Comment le tango peut-il avoir un tel impact sur la santé? «On va tout simplement appliquer la prise de conscience par le corps plutôt que par le cerveau», résume Enrique Montel de la Roche. Ce prof de tango, venu tout droit d’Argentine, fait danser tout le monde autour de lui. Même les paraplégiques. «Lors d’un atelier de tango, je me suis retrouvé avec une personne en situation de handicap, se souvient-il. J’ai improvisé des mouvements. Ce danseur en chaise roulante arborait un sourire que je n’oublierai jamais. Quand on a fini, il m’a dit que c’était la première fois de sa vie qu’il dansait. Cela m’a décidé à poursuivre dans cette voie.»


Après une formation spécifique dans son pays d’origine, Enrique Montel de la Roche s’est entouré de professionnels de la santé pour aider les gens d’ici. Médecins, chirurgiens, psychologues, infirmières, spécialistes dans la rééducation musculaire forment désormais une équipe pluridisciplinaire pour accompagner les danseurs.


«Quand on serre quelqu’un dans ses bras, le corps va automatiquement sécréter des hormones. Idem quand on écoute de la musique, quand on respire profondément, quand on se calme.»

Enrique Montel de la Roche, président de l’Association suisse de Tango-Thérapie


À chacun son tango

Mais avant de bénéficier de l’énergie positive du tango, encore faut-il être en adéquation avec soi-même. «Quand nous travaillons l’estime de soi, nous prenons soin de nous, confie le thérapeut